En effet et je pense que ceux qui critiquent les mesures actuelles l'oublient un peu vite ou font comme si ce n'était pas important.
Alors, bien sûr, c'est pas agréable de se retrouver confiné. De ne plus pouvoir travailler parce que pas de télétravail possible, qu'on soit dans la construction, l'Horeca ou... le secteur des soins aux personnes. Ou de perdre son boulot à cause du ralentissement de l'économie et de ne pas en retrouver parce qu'il n'y a pas beaucoup de boîtes qui engagent...
De ne plus voir ses potes, ou ses proches, voire de ne pas pouvoir les accompagner comme on l'aurait voulu dans leurs derniers instants ou vers leur dernière demeure.
De ne plus pouvoir aller manger un morceau, se faire une toile ou écluser un godet au bistro du coin. Ou participer à un RandoNet.
Bien sûr aussi, les mesures actuelles peuvent paraître bancales et liberticides. Pas sûr effectivement qu'on ait plus de chances d'attraper le virus en promenant son clebs à 22h30 ou en roulant dans les bois sans masque qu'en prenant un métro bondé tout en le portant religieusement.
Et effectivement, beaucoup, si pas la plupart, de ceux qui y sont restés depuis le printemps n'ont probablement fait que devancer l'appel de quelques jours, semaines, mois, années. Parce qu'après tout, on va quand même tous y passer un jour ou l'autre, non?
Et oui, on peut se demander si l'impact à long terme du ralentissement économique lié aux mesures prises pour lutter contre le virus ne risque pas d'être très coûteux en terme de santé, qu'elle soit mentale ou physique. Peut-être même plus que celui à court terme qu'on essaie d'éviter.
Tout ça, je peux comprendre.
J'adhère moins aux théories qui voudraient que tout cela ne serait que le résultat d'un vaste complot mondial visant à nous inoculer le virus via les réseaux 5G pour ensuite nous fliquer grâce aux puces développées par Bill Gates inoculées avec les vaccins de Big Pharma. Mais bon, il y a bien des gens qui sont persuadés que la terre est plate ou que le PSG va un jour gagner la Champion's League alors pourquoi pas...
On a tous notre façon de voir les choses et selon qu'on accorde plus ou moins d'importance à la "liberté individuelle" ou au "bien être collectif", on aura forcément une vision fort différente.
Mais ce qui se passe maintenant, certainement en Belgique et dans pas mal d'autres endroits apparemment, c'est quelque chose de très tangible: on approche à grands pas de la saturation de notre système hospitalier. Et quand on y sera, il y a des gens qui vont devoir choisir entre qui va pouvoir bénéficier d'un traitement susceptible de lui éviter de mourir et qui n'y aura pas droit. Comme ça s'est passé au printemps en Lombardie et à d'autres endroits. Et ces gens s'en passeraient bien...
Bien sûr, on peut aussi reprocher à "nos dirigeants" de "n'avoir rien fait" alors qu'on savait qu'une 2e vague allait nous tomber dessus. Mais il faut aussi se souvenir que d'aucuns, il n'y a pas si longtemps encore, affirmaient, longue expérience académique à l'appui, qu'il n'y aurait pas de 2e vague. Et que si c'est envisageable en 6 mois de mettre à disposition des chambres d'hôpital, il est plus difficile de trouver et de former en si peu de temps du personnel pour s'occuper des malades.
Évidemment, on peut reprocher à ces mêmes "dirigeants" d'avoir laissé nos systèmes de soins de santé dans un état deplorable depuis des années et que c'est à cause de ça qu'on est là. Mais nous vivons en démocratie. Et s'il y a bien des partis qui veulent augmenter les dépenses publiques tout en augmentant les impôts, force est de constater que par chez nous, au moment de glisser son bulletin dans l'urne, on vote rarement pour le parti qui vous promet d'augmenter vos impôts pour pouvoir améliorer le système de soins de santé...
Donc, on peut ne pas être d'accord avec l'approche prise actuellement par la plupart de nos gouvernements européens, à des degrés divers. Mais alors, il faut accepter que si on chope le virus et que, par extraordinaire, on ne le supporte pas trop bien (très très peu de risques, hein!), on ne va pas encombrer les hôpitaux et on laisse faire la nature. Après tout, on a quand même de bonnes chances de s'en sortir...
Si on n'accepte pas ça, pour soi-même mais aussi pour ses parents, grands-parents, enfants... ben... on suit les consignes, on fait le gros dos et on attend que ça passe...
Parce que la seule autre alternative, c'est que TOUT LE MONDE (allez, disons 99% des gens) fasse gaffe et évite les comportements "à risque". En gros, ce qu'on a essayé de faire depuis le déconfinement. On en voit le résultat...
A.
Edit: je tiens à préciser que ce message a été écrit avant la communication de Manu.. 