Sortie dans les Monts du Lyonnais

Ce we la seule fenêtre météo potable c’était samedi. Couché tard vendredi, pour cause d’apéro imprévu et sympathique, samedi matin fut consacré à la grasse matinée. On a pas les enfants, le soleil brille, on s’aime…bref, y’a pas que le vtt dans la vie, hein ? Reste que si je trainasse en pyjama, je prépare ma sortie. Objectif : visite du circuit 11 dans l’espace VTT des monts du Lyonnais avec liaison par la route au départ de la maison. Je n’ai pas envie de me taper des routes encombrées de voitures pour y aller, aussi je trouve un parcours cyclotouriste que je charge sur le GPS.

A14h je suis au pied de l’immeuble. Départ et traversée de la “black zone” de la Mulatiére, le pire endroit de Lyon pour les cyclistes. Fort heureusement ce n’est pas long. Traversée rapide de Oullins et montée sur Chaponost. Sous le soleil ça tire un peu, surtout dans les passages à 10%. Mais ça reste court. Petite pause à Chaponost pour admirer les restes de l’aqueduc romain du Gier. 5km de route pas trop passante, dans les champs et le chant des grillons et me voilà à Brindas. Photo témoignage pour le Fab, qui en retour me promet un déluge de pluie. Puis je part vers le départ des circuits. Mon objectif est de rejoindre par un parcours balisé VTT le village de Vaugneray, point de départ du circuit 11.

Je suis un peu déçu car le circuit est en fait une petite route. Seul 1 km de chemin, d’un très beau single, pour me donner l’impression de bien faire du VTT et non du cyclotourisme. Ca reste agréable mais je ne suis pas venu pour cela. A Vaugneray j’arrive enfin sur la trace GPS du circuit 11. Quand la trace passe par un sens interdit un voyant rouge aurait du s’allumer dans ma tête. Je m’appuie sur 1 bon kilomètre un gros raidard pour rien : 2 vététistes qui arrivent en sens inverse me confirment que je prend le circuit à l’envers !

Enfin me voilà au kilomètre zéro du circuit. J’ai déjà 24 bornes au compteur. Et l’heure tourne. Une petite alternance de chemins et de petites routes et me voilà enfin dans le vif du sujet. Un chemin commence à grimper doucement, puis de plus en plus. J’arrive à un croisement. La balise du circuit va tout droit. A gauche un panneau m’indique la direction du col de la Croix du Ban à 4km. Je décide de prendre à gauche, aux vues de l’heure et du ciel qui commence à s’assombrir. Je grimpe vers Polyonnais et je reconnais des chemins pris avec Fab’ . Le chemin passe derrière la ferme puis je sais qu’après l’étang ça va grimper dru jusqu’à la route. Mes souvenirs sont bons. J’arrive à la route en poussant, encouragé par 3 papys qui prennent l’air sur un balcon.

Après la route, je remonte dré dans la pente. 200m de goudron tout à gauche pour retrouver le chemin. Je dois finalement poser le pied devant les premières roches caractéristiques du coin, qui barrent le passage. Poussage sur 50m et je repart. Un beau et long chemin dans les bois. Le temps est de plus en plus menaçant. Le vent se léve et malgré l’effort de la montée je commence à sentir le frais. Je double en douceur une jeune fille à cheval pour ne pas effrayer l’animal, d’autant que la cavalière monte à cru. La pente continu à augmenter et le terrain est de plus en plus miné; racines, caillasses, blocs de pierre. Un coucou accompagne mon effort. Si la motricité de mon tout-mou me manque elle trouve sa compensation dans la vélocité du Sunn. A chaque obstacle, un petit coup de mollet et le spad franchi la difficulté. C’est du pur pilotage. Je me régale, d’autant qu’étant seul je peux aller à mon rythme.

Arrive un mur. Portage obligatoire. La cavalière me rattrape. Son cheval à toutes les peines à grimper. Arrivée en haut, je reconnais l’endroit : c’était une des belles descentes techniques que nous avions eu au LyonNet.

Je reprend ma route. La pluie commence à franchir le rideau de feuille. J’alterne grimpettes sur le vélo et poussages. Dieu que ces derniers kilomètres sont longs ! Petite pause à 1km du sommet, le temps de maudire le Fab’ pour ses prédictions. Enfin le col de la Croix du Ban. Rapide pause. Je grignote une pomme et étudie la carte. La météo vire de plus en plus et la pluie, encore faible menace de virer à la belle averse. Je décide de redescendre sur Polyonnais.

La descente est un classique du coin. Je ne la connais que dans l’autre sens. Je me régale dans ce chemin rendu ludique pas les multiples obstacles. J’évite de trop me lâcher, la roche est humide et si je me gaufre, je crains que je ne croise plus grand monde à cette heure.

Au village c’est confirmé : je vais rentrer tremper. Je choisi l’option courte, via Craponne. Je déteste cette route. La traversée de Craponne est un immense et continu bouchon. Avantage vélo, mais sous la flotte je ne fanfaronne pas trop. Arrivé à Lyon il pleut vraiment. J’attaque la derniére difficulté de la sortie sans un poil de sec. Montée sur le Point du Jour et descente par St Irénée. Je distingue enfin la pointe de l’église sainte Blandine. 15 minutes plus tard je suis sous une douche bouillante pour tenter de me réchauffer.

Résultat des courses 55km pour 950m de D+, mais surtout moins de la moitié du parcours en vrai VTT. Malgré tout, un bon moment qui donne envie de revenir. Seul vrai bémol de cette sortie : la courtoisie à vélo fait partie du passé. Ni les routiers, ni même la plupart des vététistes croisés n’auront répondus à mes saluts.